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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:18

Le conseil municipal, réuni le 18 novembre 2011, a adopté un amendement proposé par la majorité municipale demandant à la fois l’abandon du projet d’une communauté de communes Maurepas-Coignières et le rattachement de notre commune à la communauté de communes Cœur d’Yvelines-Canton de Monfort. Notre groupe a manifesté son opposition à un tel projet qui ne prend pas en compte les réalités quotidiennes de la vie de nos concitoyens.

Si la loi oblige à la continuité territoriale, le critère le plus important à nos yeux qui doit être pris en compte est celui du bassin de vie de la population.  Où les Coigniériens se rendent-ils le plus fréquemment pour faire leurs achats, pour se distraire, pour se cultiver, pour travailler… ? Quels équipements commerciaux, sportifs, culturels fréquentent-ils le plus ?  Vers où leur vie quotidienne les pousse-t-elle le plus souvent ? Les réponses à ces questions permettent de dessiner les contours d’un territoire de proximité et de construire, outre une mémoire commune, les solidarités nécessaires à toute vie en commun.


La majorité municipale, loin de se poser ces questions, a fait le choix d’un rattachement de Coignières à un territoire avec lequel nous n’avons que peu de choses en commun. Un territoire, certes limitrophe comme l’exige la loi, mais qui n’est pas notre bassin de vie. D’ailleurs, ne serait-il pas préférable, dans le cadre de l’intercommunalité, que notre commune participe à la réalisation et à l’entretien d’équipements utilisés au moins en partie par ses habitants ? Chacun sait que les collégiens de Coignières fréquentent le collège Maurice Ravel de Montfort l’Amaury, que nos lycéens vont presque tous au lycée Jean Monnet de La Queue-lez-Yvelines, que nous nous rendons très régulièrement pour assister à des spectacles au théâtre de La Barbacane de Beynes, que pour rejoindre Paris, nous empruntons le plus souvent la ligne SNCF  Dreux-Paris ou la RN12 !

 

Nous serions d’ailleurs bien incapables d’avoir cette vie-là même si nous le souhaitions, ne serait-ce qu’à cause de l’absence de transport en commun reliant efficacement Coignières à Montfort et à Beynes, tout en desservant l’ensemble des villages. Le fait que nous ne soyons pas tournés dans cette direction ne relève pas du hasard, mais bien de la logique géographique des flux de circulation et des grandes voies de communication y afférant. N’avons-nous pas pris aussi à un moment de notre histoire d’autres orientations de développement qui ne sont pas partagées par la majorité des communes de ce secteur qui font cette année leur entrée dans le Parc naturel régional de la Haute-Vallée de Chevreuse ?

 

A écouter notre maire en conseil municipal, deux arguments décisifs auraient guidé son choix : la vocation rurale de Coignières et une plus grande possibilité d’imposer notre manière de voir à des communes qui n’ont pas encore toutes l’habitude de travailler ensemble. Derrière ce second argument, il faut lire : « l’intercommunalité nous est imposée, nous n’en voulons pas, il faut donc que cela ne marche pas ou au mieux fonctionne a minima». Un tel raisonnement est à la fois affligeant et pathétique. Il ne manifeste aucune volonté d’aller de l’avant, de développer une vision dynamique de nos relations avec notre territoire de proximité. Il témoigne en fait d’une absence totale de dessein. Pis, il nie les réalités de la vie quotidienne d’une majorité de nos concitoyens. Comment cette dernière pourrait-elle s’améliorer avec un tel projet ?

Notre groupe a fait à chaque étape du processus des propositions qui prenaient en compte la dimension d’un bassin de vie cohérent et qui pouvaient donner naissance à un projet partagé (voir les numéros 8 et 9 de Coignières pour Tous vous en dit plus). La majorité municipale, par manque d’anticipation et absence de volonté politique, ne s’en est pas saisie. Nous pouvons regretter de ne pas avoir eu dans cette affaire un premier magistrat prenant le leadership de l’intercommunalité et se montrant ainsi suffisamment convainquant pour entraîner une réelle dynamique territoriale. Nous serions aujourd’hui dans une toute autre situation et probablement en passe de donner naissance à une communauté de communes regroupant Maurepas, Coignières, Le Mesnil, Les Essarts, Saint-Rémy l’Honoré, voire Le Perray-en-Yvelines.

 

Au contraire, par crainte de se faire imposer un destin qu’il ne souhaite pas, le maire fait en catastrophe une proposition qui n’a pas réellement de sens, mais qui a toutes les chances d’être retenue par la CDCI où les tractations vont bon train entre ses membres au gré des intérêts particuliers des uns et des autres. C’est donc dans une totale opacité, sans débat public et loin de l’intérêt général que notre avenir se décide

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Published by Didier Fischer - dans Articles
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